Le LFEL fait le point sur la présence d’alcool dans les e-liquides.

La question de la présence d’éthanol dans les e-liquides est un sujet récurrent chez les vapoteurs. Son assimilation aux boissons alcoolisées en fait pour beaucoup, un synonyme d’ivresse ou un risque de dépendance. A la demande du site internet Le Petit Vapoteur, le Laboratoire Français du E-Liquide apporte aujourd’hui son éclairage sur le sujet.

Pourquoi certains fabricants d’e-liquides utilisent-ils de l’alcool dans leurs compositions ?

Les arômes alimentaires, qu’ils soient naturels ou artificiels, contiennent des molécules aromatiques (extraites de plantes ou synthétisées) diluées dans ce qui est communément appelé « support « ou « solvant », permettant de délier, conserver et fixer les matières premières.
Pour ce faire, les aromaticiens peuvent appliquer de nombreux supports dont les plus largement utilisés sont :

– l’alcool éthylique ou éthanol,
– l’eau,
– les huiles végétales,
– les gommes (xanthane, guar…),
– le propylène glycol (PG),
– la glycérine végétale (VG),
– la triacétine,
– plus rarement le sucre.

Dans le cadre d’une consommation par inhalation, comme c’est le cas pour les e-liquides, certains supports ne sont pas recommandés.
L’eau par exemple ne permet pas de dissoudre certaines molécules aromatiques comme les terpènes (limonène). De plus, sa chaleur de vaporisation (qui correspond à l’énergie nécessaire pour vaporiser un gramme de produit) étant 3 fois supérieure à celle du propylène glycol (PG) ou de la glycérine végétale (VG), sa présence rend la vaporisation du e-liquide plus difficile. (Chaleur de vaporisation : Eau : 2260 J/g, PG : 870 J/g, VG : 667 J/g).
Le sucre comporte un risque car une élévation trop importante de sa température entraîne sa dégradation et donc la production de molécules toxiques. Les plus citées étant le Hydroxy méthyl furfural (HMF), l’acétone et l’acétaldéhyde.
Les huiles végétales, très bien tolérées par l’estomac, sont déconseillées en inhalation car elles peuvent entrainer des pneumopathies lipidiques. Cette maladie du poumon se caractérise par une perte d’élasticité du tissu pulmonaire due à la pénétration de fines gouttelettes d’huile dans les voies respiratoires.
Enfin, les huiles essentielles (HE) qui sont obtenues après extraction d’un végétal à la vapeur d’eau, sont elles aussi largement employées dans les arômes alimentaires. Bien que certaines HE puissent être utilisées en inhalation dans le cadre d’aromathérapie, leur consommation par voie respiratoire doit être contrôlée et limitée. En effet, elles sont constituées de principes actifs forts (terpènes ou composés terpéniques) dont certains peuvent présenter un potentiel toxique en inhalation.
A contrario de ces différents supports, l’alcool éthylique ou éthanol permet de dissoudre les résidus d’huiles végétales et d’huiles essentielles, inhérentes au processus de fabrication des arômes alimentaires. Outre ses propriétés antibactériennes reconnues, l’éthanol est également un excellent conservateur naturel. C’est pourquoi de nombreux arômes se trouvent sur ce support. Toutefois, si la présence d’éthanol dans les e-liquides est courante, elle n’est aujourd’hui pas majoritaire.
Lorsque l’utilisateur actionne son vaporisateur, l’alcool contenu dans l’e-liquide va être entièrement vaporisé. Il faut souligner que l’éthanol a la particularité d’avoir une température d’ébullition basse (78°C) et une chaleur de vaporisation faible (855 J/g), ce qui entraine sa totale vaporisation par le biais d’une e-cig.

Y-a-t-il un risque de dépendance ?

Dans les e-liquides, les taux d’éthanol ne dépassent pas les 6%. Au-delà de ce taux, il existe un risque d’entretien de la combustion qui implique le classement des e-liquides, par la réglementation CLP, comme matière dangereuse et inflammable. Leur conditionnement pour l’expédition s’en retrouve alors compliqué et onéreux.
En ce qui concerne le risque de dépendance, il n’y a pas d’effet physiologique avéré, dû à l’inhalation d’alcool dans des e-liquides. A titre d’exemple, une consommation de 4mL d’un e-liquide à 4% d’éthanol, correspond à l’assimilation par l’organisme de 0.016cl d’alcool, soit 78 fois moins que la dose standard autorisée en ingestion (1,25cl d’alcool soit une bière ou un verre de vin). Ce qui démontre que même en vapotant de grande quantité d’e-liquide à un fort taux d’éthanol, le corps humain, même s’il absorbe l’alcool, ne ressentira pas d’effet physique.

En revanche, il est possible que des personnes sujettes à addiction comme l’alcoolisme, risquent de percevoir certains effets mais dans ce cas, les causes seraient davantage psychologiques. Aussi, si le consommateur s’interdit toute forme « de consommation » d’alcool pour des raisons médicales, religieuses, ou autres, il faut alors privilégier les e-liquides sans ce support.

Comment savoir si un produit contient de l’alcool ?

Les exigences de la norme AFNOR XP-D90-300-2, imposent aux producteurs de faire figurer sur la fiche produit, la liste des composants de l’e-liquide. A ce titre, le taux exact d’éthanol doit être stipulé s’il est supérieur ou égal à 1.2%. Toutefois, cette norme est d’application volontaire et n’est pas obligatoire pour les produits non certifiés. Certains fabricants peuvent choisir de faire figurer cette information sur l’étiquette du produit, mais encore une fois, il n’y a aucune obligation à ce jour.

Un vapoteur souhaitant connaitre précisément le taux d’alcool contenu dans un e-liquide peut demander au fabricant ou au distributeur la Fiche de Données de Sécurité (FDS) du produit, dans laquelle toute trace d’éthanol doit être mentionnée.

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