LA NICOTINE : C’EST DANGEREUX ?

A l’état pur, la nicotine est effectivement mortelle comme beaucoup d’autres molécules que nous consommons quotidiennement. Cependant, afin de savoir si la consommation de nicotine présente une dangerosité, il faut déterminer quelle quantité de molécules induit un risque pour le consommateur.

Étrangement, peu d’études récentes s’attachent à déterminer la dose létale médiane (appelée DL50) de la nicotine, un indicateur de la toxicité des composés et définit comme étant la dose tuant la moitié d’une population animale donnée. Ainsi, les valeurs de la DL50 évoquée par les organismes de santé publique sur la nicotine, sont tirées d’études assez anciennes, utilisant des méthodes obscures et le plus souvent extrapolant à l’homme des valeurs obtenues sur des rats ou des souris.

De plus, des organismes tel que l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) choisissent, au nom du “principe de précaution”, les DL50 les plus basses retrouvées dans la littérature. Ainsi dans un rapport de 2015 (1) de l’ANSES, l’organisme choisit de retenir une DL50 par voie orale pour l’homme de 3,34 mg/kg correspondant à 234 mg de nicotine pour un homme de 70 kg. Cette valeur tirée d’une étude écrite en Russe en 1969 (2), a été obtenue sur souris avec une méthodologie non conforme au standard actuels de détermination de DL50. L’agence indique également que les premiers effets indésirables apparaissent après la consommation de 21 mg pour un homme de 70 kg (0,3 mg/kg).

Une étude (3) de 2014 réalisée par Mayer et al. montre notamment, au travers de différents cas de forte exposition sur l’homme, des valeurs bien supérieures à celles proposées par l’ANSES. En effet, Mayer rapporte des expositions à 1.5 g de nicotine sans décès de la personne. Il estime que la DL50 de la nicotine pour l’homme se situerait aux alentours de 1g par voie orale (14.28 mg/kg). Bien que citée dans le rapport de l’ANSES, cette étude a été écartée pour des raisons méthodologiques…

Pourquoi la position publique sur la dangerosité de la nicotine est elle aussi négative alors que celle sur la caféine, qui possède une DL50 10 fois supérieure à celle de la nicotine, est bien plus positive ?

La première raison est liée au mode traditionnel de consommation de la nicotine. En effet, à l’instar de la caféine qui est plus souvent ingérée, la nicotine est consommée par l’inhalation d’une fumée issue de la combustion du tabac. Cette façon de la consommer est très toxique en raison de la dangerosité des molécules produites par la combustion du végétal et est, inconsciemment ou consciemment extrapolée comme objet de consommation négative.

La seconde raison est le potentiel addictif de la molécule lié au mode d’administration. Le fait d’inhaler une fumée contenant de la nicotine provoque un “shoot” de nicotine rapide au niveau du cerveau. C’est ce “Pic” nicotinique qui est majoritairement responsable de la dépendance du fumeur.

En conclusion, l’opinion publique, les organismes de santé publique et les régulateurs confondent trop souvent le problème de la dépendance tabagique avec la dépendance nicotinique. En stigmatisant la nicotine comme le cœur du problème tabagique, nous empêchons les fumeurs de se détacher du tabac. La Vape offre la possibilité de consommer de la nicotine d’une manière bien moins dangereuse que fumer du tabac.

Au même titre que boire un café pour s’administrer de la caféine, en quoi la consommation de nicotine est-elle problématique si elle ne tue plus ?

Références :

1- Rapport ANSES sur l’évaluation des dangers de la nicotine : https://www.anses.fr/fr/content/avis-et-rapport-de-lanses-relatif-%C3%A0-l%C3%A9valuation-des-dangers-de-la-nicotine

2- Lazutka, F. A., Vasiliauskene, A. P., & Gefen, S. (1969). On the toxicological assessment of the insecticide nicotine sulfate. Gigiena i sanitariia, 34(5), 30.

3- Mayer, B. (2014). How much nicotine kills a human? Tracing back the generally accepted lethal dose to dubious self-experiments in the nineteenth century. Archives of toxicology, 88(1), 5-7.

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