La Théorie de la Passerelle 

Argument très utilisé par les détracteurs de la vape, la théorie de la passerelle consiste à penser que l’initiation au vapotage d’un public non-fumeur le conduirait vers le tabagisme, et notamment les jeunes.

En soit, la question mérite d’être posée. La vape n’a que peu d’intérêt pour un non-fumeur qui, par l’acquisition du geste de vapotage, la consommation de nicotine et les sensations perçues lors du vapotage, pourrait être tenté de s’initier au tabagisme.

Dans les faits, cette pratique est complexe à étudier et reste marginale, comme le résume bien une étude de J.F Etter publiée en 20181. Dans cette publication, Etter montre qu’il est impossible méthodologiquement d’établir un lien de causalité entre le vapotage et l’initiation au tabagisme, notamment en raison d’une trop grande variété de facteurs pouvant mener à ce dernier. De plus, cette théorie est contradictoire avec des observations factuelles faites sur la population.

  • Dans les pays où la vape se démocratise, on observe une chute du tabagisme chez les adolescents.
  • Dans les pays qui imposent des restrictions limitant l’utilisation des produits du vapotage, le tabagisme des adolescents ne cesse de croître.

À ces observations, nous pourrions ajouter le fait que très peu de non-fumeurs sont vapoteurs. Prenons, par exemple, la Grande-Bretagne qui est actuellement le pays dans le monde le plus libéral et le plus favorable à l’utilisation de la vape. On pourrait penser que ces conditions favorisent l’utilisation du vaporisateur personnel par les non-fumeurs puisque l’outil y est promu.

En réalité, un rapport gouvernemental britannique de 20182, sur la prévalence tabagique en Grande-Bretagne, montre que seuls 4,2% des vapoteurs n’étaient pas fumeurs, soit 0,5% de la population adulte. De plus, parmi ces 4,2 % de vapoteurs, près de la moitié ne consomme pas de nicotine.

Dans le même sens, le Professeur Dautzenberg présentait, en 2017, une synthèse des observations de l’utilisation des produits du vapotage à Paris, en Grande-Bretagne et aux USA3.

Dans ces pays où le vapotage est fortement implanté, il apparaît que :

  • Le tabagisme est en nette diminution.
  • Parmi les non-fumeurs ayant expérimenté la vape, très peu sont vapoteurs quotidien.
  • L’utilisation croissante d’e-liquides sans nicotine progresse.

Pour finir, bien que la question de l’existence de ‘’l’effet passerelle’’ du vapotage vers le tabagisme soit pertinente, les chiffres actuels n’en fournissent aucune preuve. A l’inverse, ils tendent plutôt à démontrer qu’elle n’existe pas. Pourtant, de nombreux gouvernements et institutions internationales utilisent cet argument “virtuel” pour justifier des mesures répressives vis-à-vis des produits du vapotage, entretenant le tabagisme des populations.

Références :

Etter, J. F. (2018). Gateway effects and electronic cigarettes. Addiction113(10), 1776-1783.

http://ash.org.uk/information-and-resources/fact-sheets/use-of-e-cigarettes-among-adults-in-great-britain-2017/

http://www.tobaccopreventioncessation.com/The-use-of-e-cigarettes-in-adolescents-public-health-consequences,71164,0,2.html#.WVAXqj_5qqU.twitter

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